Rappel


Le contenu de ce site a été déménagé à l’adresse: http://www.lafabriquedesens.com

Merci de prendre note et au plaisir de vous y retrouver!

 

 


copy-cropped-baleine-iceberg3.jpgCeci est un billet destiné spécialement à mes quelques abonnés. Je ferme, pour mieux me consacrer au site de ma petite entreprise, La Fabrique de sens.

Je sais, j’avais d’abord annoncé que je garderais cet espace pour continuer à y rendre compte de mes réflexions centrées sur les médias, la culture et le grand tout numérique.

Mais finalement, cela ne fait pas beaucoup de sens. Comme je me targue d’en fabriquer, je vais concentrer mes activités en ligne à l’adresse www.lafabriquedesens.com. J’y ai déménagé les archives de ce blogue.

Si ça vous intéresse, je vous invite à m’y suivre en vous abonnant. Encore une fois: www.lafabriquedesens.com

Au revoir!

Danielle Desjardins


boite_fabriqueAujourd’hui j’inaugure officiellement le site de ma petite entreprise.

J’ai encadré mon activité d’autonome avec un nom : « La Fabrique de sens », et créé un site qui lui est dédié. On le trouve à l’adresse www.lafabriquedesens.com.

Ce blogue va demeurer un espace de réflexion personnelle, toujours centrée sur les médias, la culture et le grand tout numérique.

J’utiliserai le site de la Fabrique pour donner des nouvelles: sur mes mandats, sur l’évolution de la vie numérique et sur les données qui dessinent, ou pas, des tendances et des phénomènes.

Commentaires et questions et  bienvenus bien sûr. Vous n’avez qu’à cliquer dans la boîte ci-dessous.


télévision 70Depuis que la distribution de la télévision s’est numérisée, que de plus en plus de téléviseurs sont connectés à Internet, directement ou par l’entremise d’appareils divers (consoles de jeux, lecteurs DVD, etc.), que le visionnement de vidéos en ligne a explosé et que l’expérience télévision se prolonge sur un deuxième, voire un troisième écran, les consommateurs produisent une multitude de données sur leurs habitudes d’écoute et de consommation, lesquelles ne demandent qu’à être extraites.

On connaît l’analyse des conversations sur Twitter autour des émissions de télévision, une activité en passe de devenir une industrie en soi. Mais Twitter, ce n’est qu’une faible portion de la vie en ligne. En dépit des raccourcis qu’on voit souvent dans les médias, « abonné Twitter » n’est pas synonyme de « tout le monde », et la population qui utilise Twitter n’est pas représentative de la population en général.

Pour la suite de cette analyse, cliquez ici.  Il s’agit d’un billet que j’ai écrit pour le blogue de veille du Fonds des médias du Canada, Écran de veille (quel bon titre).

Pour qui s’intéresse à l’avenir de la télévision.


Mon blogue étant plutôt confidentiel (je ne vous donnerai pas mes statistiques de fréquentation pour que vous ne vous sentiez pas trop seul…) , j’ai tout de suite cru à une attaque automatisée, l’oeuvre d’un « bot » qui serait programmé pour envahir mon espace de réflexion et accomplir je ne sais trop quel dessein maléfique. Je suis devenue paranoïaque…

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Un ajout à mon billet d’hier qui se conclut sur une citation d’Edmund Carpenter, un anthropologue ami et collaborateur de Marshall McLuhan.

Dans son texte « The New Languages », Edmund Carpenter explique l’impact des médias sur les valeurs de notre société d’une manière particulièrement en phase avec le contexte d’aujourd’hui:

Each medium, if its bias is properly exploited, reveals and communicates a unique aspect of reality, of truth. Each offers a different perspective, a way of seeing an otherwise hidden dimension of reality. It’s not a question of one reality being true, and others distortions. One allows us to see from here, another from there, a third from still another perspective….New essentials are brought to the fore, including those made invisible by the « blinders » of the old language….This is why the preservation of book culture is as important as the development of TV. This is why new languages, instead of destroying old ones, serve as a stimulant to them. Only monopoly is destroyed….The appearance of a new medium often frees older media for creative effort. (173-179)


Les ados d’aujourd’hui sont nés avec ces technologies de la connectivité qui bouleversent notre monde. Pour eux par exemple, vivre sa vie sociale sur un écran d’ordinateur c’est aussi normal que de faire jaillir la lumière au simple toucher d’un interrupteur.

J’ai la chance d’avoir accès à un laboratoire d’observation fascinant grâce à mon propre échantillon maison d’ado tout à fait typique. Mon ado maison fait partie de la génération de la dernière lettre de l’alphabet, la génération Z (aurait-on atteint la fin des générations?). Elle possède un ordinateur portable, un iPod dernière génération et surtout un compte Facebook depuis plusieurs années (oui, depuis avant ses 13 ans, et je l’ai laissée faire…) et plus de 800 amis.

Récemment, mon ado maison m’a donné l’occasion d’observer le rapport de la génération Z avec la télévision.

Un deuxième écran pour la télévision? Pourquoi pas trois ou quatre?

Ado Maison suit les Jeux Olympiques religieusement. Elle s’intéresse particulièrement aux épreuves de gymnastique artistique parce qu’elle a déjà pratiqué cette discipline elle-même. La gymnastique a ceci de particulier que les athlètes font une rotation autour de  quatre appareils et que le tout se déroule en même temps. Jeudi dernier, Ado Maison a suivi son idole  Gabrielle Douglas et les autres membres de l’équipe américaine grâce à quatre écrans: le téléviseur, son ordinateur portable, son iPod et mon iPhone, le tout en textant ses commentaires sur son téléphone ou en les écrivant via Facebook à ses copines elles aussi branchées devant de multiples écrans.

Elle a ainsi pu suivre les performances qu’elle voulait voir en direct plutôt que d’attendre de les voir selon une séquence proposée par la télévision. Elle a en quelque sorte produit sa propre émission de télévision, tout en divisant son attention sur tous ces écrans.

De mon poste d’observation, j’ai entrevu l’avenir de la télévision telle qu’elle sera consommée par cette génération: multi-écran, sociale et connectée.

Mais surtout, j’ai compris que cette génération maîtrise déjà un nouveau langage qui codifie la réalité autrement.

Cette dernière observation, je l’emprunte à Edmund Carpenter, un anthropologue américain (décédé l’an dernier) qui a collaboré avec Marshall McLuhan sur Understanding Media. Dans un texte écrit en 1956 pour la Chicago Review, The New Languages, il parle des mass médias ainsi:

English is a mass medium. All languages are mass media. The new mass media – film, radio, TV – are new languages, their grammar as yet unknown. Each codifies reality differently; each conceals a unique metaphysics.*

Un nouveau langage, un nouveau code, une autre façon d’appréhender et de comprendre le monde; un nouveau monde.

Notes:

Petit rappel à la réalité d’aujourd’hui, cependant, cette journée multi-écran a consommé 5 Go de bande passante, amenant notre consommation mensuelle à 80% de la limite mensuelle de 50 G0.

J’ai découvert Edmund Carpenter grâce à ce billet de Mitch Joel. Si vous ne connaissez pas cet expert montréalais du marketing social, il est à découvrir d’urgence.

________________________

* le texte est accessible en ligne via la BAnQ, sur la base de données JSTOR.


On a tendance à investir les technologies en général, et les moyens de communication en particulier, de vertus qui les dépassent.

Ainsi du téléphone: au départ, la possibilité qu’il offrait de communiquer à distance n’apparaissait pas particulièrement utile puisque le télégraphe remplissait déjà cette fonction. Alors on lui imagina – c’était avant l’invention de la radio – un usage spécial: transmettre  des concerts, des pièces de théâtre, des sermons. En 1890 Paris eut son Théâtrophone  qui retransmettait le son en provenance de plusieurs scènes de la ville. Le service était disponible contre un abonnement mensuel de 75$ par année  et mourut, tué par la radio, en 1932.

Pour les techno-enthousiastes, le téléphone avait le potentiel de devenir  the Pleasure Telephone, le téléphone du plaisir qui permettrait aux classes inférieures de jouir des mêmes plaisirs luxueux que les riches. Un article de 1898 prévoyait avec justesse que l’appareil allait devenir aussi indispensable dans les maisons que l’électricité et le gaz. Mais surtout:

It will be so cheap that not to have it would be absurd, and it will be so entertaining and useful that it will make life happier all round, and bring the pleasures of society to the doors of the artisan’s cottage.

That, indeed, will be the unique feature of the Pleasure Telephone. It will make millions merry who have never been merry before, and will democratize, if we may so write, many of the social luxuries of the rich. Those who object to the environment of the stage will be able to enjoy the theatre at home, and the fashionable concert will be looked forward to as eagerly by the poor as by their wealthy neighbours. The humblest cottage will be in immediate contact with the city, and the « private wire » will make all classes kin. (The Pleasure Telephone, The Strand Magazine, September, 1898, pages 339-345

Bien sûr, tout comme l’Internet a aujourd’hui ses détracteurs, ce téléphone transmetteur de concerts dans le confort des foyers eu ses détracteurs. Dans un article du New York Times du 22 mars 1876, l’auteur prévenait contre les dangers du téléphone:

Thus the telephone, by bringing music and ministers into every home, will empty the concert-halls and the churches, and the time may come when a future Von Büllow playing a solitary piano in his private room, and a future Talmage preaching in his private gymnasium, may be heard in every well-furnished house on the American continent.

(…)

It is an unpleasant task to point out a possibly sinister purpose on the part of an inventor of conceded genius and ostensibly benevolent intentions. Nevertheless, a patriotic regard for the success of our approaching Centennial celebration renders it necessary to warn the managers of the Philadelphia Exhibition that the telephone may really be a device of the enemies of the Republic.

La télévision fut également à son origine investie de grands pouvoirs.  Un article paru dans The Wilson Quaterly (et signalé par l’excellente émission de France Culture La place de la Toile), nous apprend que l’inventeur de la télévision, Philo T. Farnsworth, la croyait capable d’amener la paix dans le monde:

If we were able to see people in other countries and learn about our differences, why would there be any misunderstandings? War would be a thing of the past.

Mais là encore, la technologie déçut. Quelques années plus tard, le président de la FCC (équivalent américain du CRTC) prononçait ce célèbre discours où il la comparait à un vaste dépotoir:

But when television is bad, nothing is worse. I invite each of you to sit down in front of your own television set when your station goes on the air and stay there, for a day, without a book, without a magazine, without a newspaper, without a profit and loss sheet or a rating book to distract you. Keep your eyes glued to that set until the station signs off. I can assure you that what you will observe is a vast wasteland.

Récemment je tombais sur un article, The Top 10 Technology Game Changers for the Next Decade, qui décrit brièvement celles qui devraient changer nos vies. Dans la liste, une paire de lunettes qui permettent de filmer tout ce qu’on voit et de le transmettre sur les médias sociaux. Les promoteurs de l’invention croient que celle-ci changera le monde:

A world where everyone will have access to the information and the experiences they need directly within the context of their own reality and perspective; while simultaneously having the ability to record and share their own perspective for others to see.  We believe this will raise the overall level of human empathy across the world so that everyone is able to see things more directly from the validity of other people’s point of view.

Des lunettes pour la paix dans le monde! Des lunettes roses, sans aucun doute.

Pour ma part, il y a certains points de vue par lesquels je n’ai pas envie du tout de voir le monde (qu’on pense à l’actualité montréalaise récente).

La technologie, c’est bien beau, mais celui qui l’utilise restera toujours humain.


Au Québec on dépense davantage pour accéder à la culture que pour la culture elle-même. À qui profite cette tendance, aux créateurs ou à ceux qui contrôlent l’accès aux canaux de distribution?

En mai dernier l’Observatoire de la culture et des communications du Québec publiait dans son bulletin Optique culture portant sur « L’évolution des dépenses culturelles des ménages québécois, de 1997 à 2009 » le constat suivant: « De manière générale, les ménages québécois dépensent de moins en moins en produits culturels, mais de plus en plus en accès à ces produits. »

La  part consacrée aux produits culturels est passée de 57% en 1997 à 39% en 2009, tandis que celle consacrée aux « produits d’accès aux produits culturels » (équipements électroniques, services de téléphonie cellulaire, services internet, etc.) est passée de 34% à 55%. L’OCCQ inclut les frais de télédistribution (câble et satellite) dans les produits culturels parce qu’ils sont à la fois un produit d’accès et un produit culturel  (consacrés uniquement à la consommation d’émissions de télévision).

Mais l’OCCQ souligne que si les frais de télédistribution étaient plutôt envoyés dans la colonne « produit d’accès aux produits culturels », la part des dépenses en produits culturels serait passée de 41,0 % à 21,2 %, de 1997 à 2009.

Les données les la plus éloquentes de ce tableau, à mon avis, sont les dépenses consacrées aux services internet et aux services de téléphonie cellulaire qui sont classés comme des « produits non destinés à la consommation culturelle mais qui peuvent être utilisés à cette fin ».  Ce sont les dépenses de cette sous-catégorie qui sont responsables du renversement de la tendance: leur part est passée de 18% à 38% entre 1997 et 2009.

Récemment, le New York Times rapportait l’histoire d’une jeune stagiaire du réseau NPR (la radio publique américaine) qui avait écrit sur le blogue de NPR qu’elle possédait une discothèque d’au moins 11 000 titres, mais qu’elle avait payé pour tout au plus 15 albums dans sa vie. Cet article a déclenché des discussions enflammées sur les considérations morales autour du fait de priver des artistes de la juste rémunération pour leur travail.

Mais il y a surtout dans l’article de la jeune stagiaire une déclaration sur laquelle il vaut vraiment la peine de s’arrêter:

But I honestly don’t think my peers and I will ever pay for albums. I do think we will pay for convenience.

Avant la dématérialisation des supports, on payait pour la possession du produit physique (un disque, un journal, un livre), aujourd’hui on paye pour l’accès, que ce soit via un abonnement à un service internet, un service de téléphonie cellulaire ou encore un abonnement à un agrégateur.

La rémunération des contenus a migré de l’acquisition d’un support physique à l’acquisition de l’accès au produit. Mais encore faut-il que le contenu ait accès, justement, aux canaux de distribution.


La semaine CONNECT 2012 est maintenant terminée. Les superbes conférenciers (vraiment) qui s’y sont succédé m’ont fourni une foule d’éléments pour continuer à explorer et approfondir ce qui devient de plus en plus mon créneau : l’intersection entre la culture (et j’entends ce terme dans toutes ses acceptions), les médias et la technologie.

Pour les billets que j’ai écrits pour les trois conférences de la semaine, j’ai exploré trois champs en apparence distincts: les technologies, le web au service des entreprises et les contenus numériques. Mais rapidement, un fil conducteur s’est insinué : la révolution numérique en marche.

Les billets autour des conférences de La Boule de cristal, en particulier, m’ont envoyée sur des avenues fascinantes que j’ai eu beaucoup de plaisir à explorer. (Anecdote personnelle: dans ma vie passée à Radio-Canada j’avais eu l’occasion de travailler avec le CRIM – Centre de recherche informatique de Montréal – et recevais une invitation à La Boule de cristal chaque année. Un coup d’oeil au programme m’amenait chaque fois à conclure qu’il n’avait pas d’intérêt pour moi, en tant que spécialiste de l’univers des médias électroniques. Je n’avais pas entrevu à quel point les technologies de l’information allaient envahir toutes les sphères de la société et celle des médias au premier chef. Maintenant je sais!)

Je vous encourage à lire vraiment, c’est tout à fait présomptueux de ma part mais je l’assume, les billets que j’ai écrits pour La Boule de cristal. Je ne dois pas être la seule dans le cyberespace à être tout à la fois fascinée, intriguée, inquiétée et encouragée par tout ce que la technologie est en train de nous préparer comme avenir.

Les sujets que j’ai abordés:

Et je vous encourage à me communiquer vos commentaires et questions. Ne soyez pas timides et bricolez-vous une identité numérique.

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  • Danielle-Desjardins_1024x820_B&W_IMG4943

    PDG et unique employée de La Fabrique de sens, la boîte qui traite l'infobésité.
    Spécialiste des médias. Fouineuse impénitente, collectionneuse d'information utile et inutile et tisseuse de liens cachés. Je réfléchis aux médias et aux communications à l’ère numérique. J'élargis de plus en plus mon champ d'observation à l’impact de la révolution numérique sur les toutes les strates de la société.
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