Archive for the ‘Web’ Category

Rappel


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Merci de prendre note et au plaisir de vous y retrouver!

 

 

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télévision 70Depuis que la distribution de la télévision s’est numérisée, que de plus en plus de téléviseurs sont connectés à Internet, directement ou par l’entremise d’appareils divers (consoles de jeux, lecteurs DVD, etc.), que le visionnement de vidéos en ligne a explosé et que l’expérience télévision se prolonge sur un deuxième, voire un troisième écran, les consommateurs produisent une multitude de données sur leurs habitudes d’écoute et de consommation, lesquelles ne demandent qu’à être extraites.

On connaît l’analyse des conversations sur Twitter autour des émissions de télévision, une activité en passe de devenir une industrie en soi. Mais Twitter, ce n’est qu’une faible portion de la vie en ligne. En dépit des raccourcis qu’on voit souvent dans les médias, « abonné Twitter » n’est pas synonyme de « tout le monde », et la population qui utilise Twitter n’est pas représentative de la population en général.

Pour la suite de cette analyse, cliquez ici.  Il s’agit d’un billet que j’ai écrit pour le blogue de veille du Fonds des médias du Canada, Écran de veille (quel bon titre).

Pour qui s’intéresse à l’avenir de la télévision.


Mon blogue étant plutôt confidentiel (je ne vous donnerai pas mes statistiques de fréquentation pour que vous ne vous sentiez pas trop seul…) , j’ai tout de suite cru à une attaque automatisée, l’oeuvre d’un « bot » qui serait programmé pour envahir mon espace de réflexion et accomplir je ne sais trop quel dessein maléfique. Je suis devenue paranoïaque…

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Un ajout à mon billet d’hier qui se conclut sur une citation d’Edmund Carpenter, un anthropologue ami et collaborateur de Marshall McLuhan.

Dans son texte « The New Languages », Edmund Carpenter explique l’impact des médias sur les valeurs de notre société d’une manière particulièrement en phase avec le contexte d’aujourd’hui:

Each medium, if its bias is properly exploited, reveals and communicates a unique aspect of reality, of truth. Each offers a different perspective, a way of seeing an otherwise hidden dimension of reality. It’s not a question of one reality being true, and others distortions. One allows us to see from here, another from there, a third from still another perspective….New essentials are brought to the fore, including those made invisible by the « blinders » of the old language….This is why the preservation of book culture is as important as the development of TV. This is why new languages, instead of destroying old ones, serve as a stimulant to them. Only monopoly is destroyed….The appearance of a new medium often frees older media for creative effort. (173-179)


Les ados d’aujourd’hui sont nés avec ces technologies de la connectivité qui bouleversent notre monde. Pour eux par exemple, vivre sa vie sociale sur un écran d’ordinateur c’est aussi normal que de faire jaillir la lumière au simple toucher d’un interrupteur.

J’ai la chance d’avoir accès à un laboratoire d’observation fascinant grâce à mon propre échantillon maison d’ado tout à fait typique. Mon ado maison fait partie de la génération de la dernière lettre de l’alphabet, la génération Z (aurait-on atteint la fin des générations?). Elle possède un ordinateur portable, un iPod dernière génération et surtout un compte Facebook depuis plusieurs années (oui, depuis avant ses 13 ans, et je l’ai laissée faire…) et plus de 800 amis.

Récemment, mon ado maison m’a donné l’occasion d’observer le rapport de la génération Z avec la télévision.

Un deuxième écran pour la télévision? Pourquoi pas trois ou quatre?

Ado Maison suit les Jeux Olympiques religieusement. Elle s’intéresse particulièrement aux épreuves de gymnastique artistique parce qu’elle a déjà pratiqué cette discipline elle-même. La gymnastique a ceci de particulier que les athlètes font une rotation autour de  quatre appareils et que le tout se déroule en même temps. Jeudi dernier, Ado Maison a suivi son idole  Gabrielle Douglas et les autres membres de l’équipe américaine grâce à quatre écrans: le téléviseur, son ordinateur portable, son iPod et mon iPhone, le tout en textant ses commentaires sur son téléphone ou en les écrivant via Facebook à ses copines elles aussi branchées devant de multiples écrans.

Elle a ainsi pu suivre les performances qu’elle voulait voir en direct plutôt que d’attendre de les voir selon une séquence proposée par la télévision. Elle a en quelque sorte produit sa propre émission de télévision, tout en divisant son attention sur tous ces écrans.

De mon poste d’observation, j’ai entrevu l’avenir de la télévision telle qu’elle sera consommée par cette génération: multi-écran, sociale et connectée.

Mais surtout, j’ai compris que cette génération maîtrise déjà un nouveau langage qui codifie la réalité autrement.

Cette dernière observation, je l’emprunte à Edmund Carpenter, un anthropologue américain (décédé l’an dernier) qui a collaboré avec Marshall McLuhan sur Understanding Media. Dans un texte écrit en 1956 pour la Chicago Review, The New Languages, il parle des mass médias ainsi:

English is a mass medium. All languages are mass media. The new mass media – film, radio, TV – are new languages, their grammar as yet unknown. Each codifies reality differently; each conceals a unique metaphysics.*

Un nouveau langage, un nouveau code, une autre façon d’appréhender et de comprendre le monde; un nouveau monde.

Notes:

Petit rappel à la réalité d’aujourd’hui, cependant, cette journée multi-écran a consommé 5 Go de bande passante, amenant notre consommation mensuelle à 80% de la limite mensuelle de 50 G0.

J’ai découvert Edmund Carpenter grâce à ce billet de Mitch Joel. Si vous ne connaissez pas cet expert montréalais du marketing social, il est à découvrir d’urgence.

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* le texte est accessible en ligne via la BAnQ, sur la base de données JSTOR.


Au Québec on dépense davantage pour accéder à la culture que pour la culture elle-même. À qui profite cette tendance, aux créateurs ou à ceux qui contrôlent l’accès aux canaux de distribution?

En mai dernier l’Observatoire de la culture et des communications du Québec publiait dans son bulletin Optique culture portant sur « L’évolution des dépenses culturelles des ménages québécois, de 1997 à 2009 » le constat suivant: « De manière générale, les ménages québécois dépensent de moins en moins en produits culturels, mais de plus en plus en accès à ces produits. »

La  part consacrée aux produits culturels est passée de 57% en 1997 à 39% en 2009, tandis que celle consacrée aux « produits d’accès aux produits culturels » (équipements électroniques, services de téléphonie cellulaire, services internet, etc.) est passée de 34% à 55%. L’OCCQ inclut les frais de télédistribution (câble et satellite) dans les produits culturels parce qu’ils sont à la fois un produit d’accès et un produit culturel  (consacrés uniquement à la consommation d’émissions de télévision).

Mais l’OCCQ souligne que si les frais de télédistribution étaient plutôt envoyés dans la colonne « produit d’accès aux produits culturels », la part des dépenses en produits culturels serait passée de 41,0 % à 21,2 %, de 1997 à 2009.

Les données les la plus éloquentes de ce tableau, à mon avis, sont les dépenses consacrées aux services internet et aux services de téléphonie cellulaire qui sont classés comme des « produits non destinés à la consommation culturelle mais qui peuvent être utilisés à cette fin ».  Ce sont les dépenses de cette sous-catégorie qui sont responsables du renversement de la tendance: leur part est passée de 18% à 38% entre 1997 et 2009.

Récemment, le New York Times rapportait l’histoire d’une jeune stagiaire du réseau NPR (la radio publique américaine) qui avait écrit sur le blogue de NPR qu’elle possédait une discothèque d’au moins 11 000 titres, mais qu’elle avait payé pour tout au plus 15 albums dans sa vie. Cet article a déclenché des discussions enflammées sur les considérations morales autour du fait de priver des artistes de la juste rémunération pour leur travail.

Mais il y a surtout dans l’article de la jeune stagiaire une déclaration sur laquelle il vaut vraiment la peine de s’arrêter:

But I honestly don’t think my peers and I will ever pay for albums. I do think we will pay for convenience.

Avant la dématérialisation des supports, on payait pour la possession du produit physique (un disque, un journal, un livre), aujourd’hui on paye pour l’accès, que ce soit via un abonnement à un service internet, un service de téléphonie cellulaire ou encore un abonnement à un agrégateur.

La rémunération des contenus a migré de l’acquisition d’un support physique à l’acquisition de l’accès au produit. Mais encore faut-il que le contenu ait accès, justement, aux canaux de distribution.

À lire


La semaine CONNECT 2012 est maintenant terminée. Les superbes conférenciers (vraiment) qui s’y sont succédé m’ont fourni une foule d’éléments pour continuer à explorer et approfondir ce qui devient de plus en plus mon créneau : l’intersection entre la culture (et j’entends ce terme dans toutes ses acceptions), les médias et la technologie.

Pour les billets que j’ai écrits pour les trois conférences de la semaine, j’ai exploré trois champs en apparence distincts: les technologies, le web au service des entreprises et les contenus numériques. Mais rapidement, un fil conducteur s’est insinué : la révolution numérique en marche.

Les billets autour des conférences de La Boule de cristal, en particulier, m’ont envoyée sur des avenues fascinantes que j’ai eu beaucoup de plaisir à explorer. (Anecdote personnelle: dans ma vie passée à Radio-Canada j’avais eu l’occasion de travailler avec le CRIM – Centre de recherche informatique de Montréal – et recevais une invitation à La Boule de cristal chaque année. Un coup d’oeil au programme m’amenait chaque fois à conclure qu’il n’avait pas d’intérêt pour moi, en tant que spécialiste de l’univers des médias électroniques. Je n’avais pas entrevu à quel point les technologies de l’information allaient envahir toutes les sphères de la société et celle des médias au premier chef. Maintenant je sais!)

Je vous encourage à lire vraiment, c’est tout à fait présomptueux de ma part mais je l’assume, les billets que j’ai écrits pour La Boule de cristal. Je ne dois pas être la seule dans le cyberespace à être tout à la fois fascinée, intriguée, inquiétée et encouragée par tout ce que la technologie est en train de nous préparer comme avenir.

Les sujets que j’ai abordés:

Et je vous encourage à me communiquer vos commentaires et questions. Ne soyez pas timides et bricolez-vous une identité numérique.


Impressions de la journée Boule de cristal, première étape de la semaine CONNECT 2012.

  • Appris de Philippe Nieuwbourg que Netpresso (oui, le café de Georges Clooney) a lancé des cafetières connectées (comme dans TV connectée) qui communiquent directement avec le service à la clientèle. L’art d’optimiser la consommation de café directement de la source, la cafetière.
  • Et que le premier disque dur a été construit par IBM, il pesait une tonne et une capacité de données de 5 M0. Le service marketing d’IBM a bloqué son expansion à 10 Mo, faisant valoir qu’on ne réussirait jamais à combler 10 M0.


  • Du panel « L’avenir des TI passe-t-il par les applications Web et mobiles? » j’ai retenu que le débat web vs applications serait so yesterday. Wired avait fait sa couverture avec un titre provocateur The Web is Dead, aujourd’hui, on parle plutôt de convergence de toutes les plateformes. J’ai traité de cette question dans le blogue de webcom. Le web n’est pas à l’article de la mort, plutôt en pleine métamorphose. La question est de savoir si on n’y perd pas quelque chose, en termes d’accès libre, gratuit, par emmuré dans un jardin privé, entre autres. Mais le panel ne s’est pas engagé dans cette direction.
  • En écoutant Gordon Bell ce pionnier de l’informatique parler du Fourth Paradigm of Science, j’ai pris des notes (à faire: aller lire l’article à ce sujet sur le site de Microsoft Research). Il va falloir que j’y revienne, c’était très dense.
  • Thierry Hubert qui a remplacé Ariel Garten au pied levé avait des choses très intéressantes à dire sur le knowledge management et le travail collaboratif qui ne sont pas des inventions récemment générées par les réseaux sociaux. J’avais oublié Lotus Notes, sur lequel il a travaillé, qui remonte à 1988.
  • Le système développé par son entreprise Darwin Ecosystem est très intéressant, mais j’ai surtout retenu sa dernière remarque sur les réseaux sociaux et leur fonction d’echo chamber pour des communautés d’intérêt où les gens se sentent si bien qu’ils ne veulent pas en sortir pour explorer l’inconnu (ou pour utiliser ses images puisées dans Star Trek: to bodly go where no one has gone before… ouh ouh ouh…bon, faut avoir connu!) Une autre idée à creuser, qui rejoint celle des jardins privés (walled gardens) du débat web ouvert vs apps propriétaires.
  • Alistair Croll  m’a également entraînée vers des champs à explorer. Une image:  la baignoire d’Archimède: Archimède – eurêka! – se baignait dans la réponse tous les jours, sans le savoir, jusqu’à ce que quelqu’un lui pose la bonne question. L’important, c’est la bonne question. À faire: aller lire sur le psychologue Edward de Bono et son PO (a device for successful thinking). Envisager toutes les possibilités, s’ouvrir au possible, voir sous la partie immergée de l’iceberg. Ça m’intéresse.

J’aime beaucoup découvrir des penseurs qui pensent à contre-courant.

Dans ce billet sur le blogue de webcom, je parle d’Evgeny Morozov, un professeur à Stanford, qui analyse l’impact de Twitter sur les révolutions arabes.

Il le dit, Internet et Twitter ont certainement joué un rôle actif dans ces mouvements sociaux, mais il ne faut pas leur en attribuer tout le mérite.

Et surtout, il ne faut pas perdre de vue que les régimes totalitaires s’adaptent et apprennent vite à utiliser les technologies à leurs propres fins. Comme il le dit dans cette conférence RSA (si vous ne connaissez pas les conférences RSA animées comme des histoires par Cognitive Media, c’est à découvrir d’urgence), comme il le dit, donc: Twitter et Facebook sont des plateformes publiques. Dans le passé les gouvernements devaient torturer pour obtenir les informations qu’ils trouvent maintenant sur Facebook.

Cela dit, certains régimes autoritaires auraient intérêt à parfaire les compétences de leurs fonctionnaires s’ils veulent étendre leurs tentacules dans le cyberespace. Dans sa conférence, le Professeur Morozov raconte l’histoire de la Thaïlande qui avait mis en place un site appelé « Protect the king » sur lequel les citoyens étaient invités à dénoncer les sites qui pourraient porter préjudice au roi. Il avait eu du succès : moins de 24 heures après sa mise en ligne, il avait permis de bloquer 3 000 sites.

Mais le site n’existe plus, ce que ne savait pas Morozov au moment de sa conférence, début 2009. Le gouvernement thaïlandais a cru qu’il avait été hacké par des révolutionnaires. Mais en fait, il a plutôt été victime de l’incompétence de fonctionnaires qui avaient négligé de renouveler à temps le nom de domaine protecttheking.com, qui fut récupéré par une entreprise de finances anglaise


Publié cette semaine sur le blogue de MIXMÉDIAS Montréal (très bientôt à Montréal, conférenciers fabuleux, il est encore temps de s’inscrire), une réflexion autour du thème de cette conférence: le contenu.

Le contenu ce grand méconnu, qui est parfois roi, parfois sujet, qui emprunte toutes les formes maintenant qu’il coule sur le web dans un flot d’hyperliens, d’images, de vidéos, de conversations, de tweets et retweets, de hashtags, de like ou pas, et qu’il est mis en boîte, dans toutes sortes de boîtes, ouvertes, enveloppées, barricadées, emmurées.

Au-delà de la poésie, il y a une réalité économique: ce sont ceux qui exploitent le contenu, pas les créateurs et producteurs, qui empochent. C’est ce rapport de force qui est à la base du débat en cours au sujet des droits d’auteur. Dans le carré obèse, les tenants de l’assouplissement des règles, naturellement.




  • Danielle-Desjardins_1024x820_B&W_IMG4943

    PDG et unique employée de La Fabrique de sens, la boîte qui traite l'infobésité.
    Spécialiste des médias. Fouineuse impénitente, collectionneuse d'information utile et inutile et tisseuse de liens cachés. Je réfléchis aux médias et aux communications à l’ère numérique. J'élargis de plus en plus mon champ d'observation à l’impact de la révolution numérique sur les toutes les strates de la société.
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